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Un char pour les cheap par Jeff Voth

WolfmanWolfman
novembre 2007 modifié dans Archives (Général)
Orange. Quoi de mieux pour m'inciter à prendre les clés de la Lamborghini Gallardo Superleggera qui venait tout juste d'arriver sous l'auvent du Fairmont Miramar Hotel de Santa Monica où je logeais? Difficile d'imaginer un motif plus irrésistible de monter à bord. Si la concurrence dans ce segment de marché se limite généralement au rouge, noir, argent ou blanc, pour sa part, Lamborghini n’en fait qu’à sa tête. En effet, chez le petit taureau, plus c’est original, mieux c’est. L’attrait de conduire un tel véhicule légendaire revêtu d’une couleur aussi torride qu’Arancio Mira dépasse presque l’entendement. Pendant les quelques jours à venir sous le soleil toujours éclatant de la Californie, la vie s’annonçait particulièrement idyllique.

Il ne s’agit pas tant de monter à bord de la Gallardo Superleggera que de tenter de s’y laisser choir gracieusement. Dans mon cas, m’extirper dudit bolide présentait autant de difficultés que d’y entrer; à plusieurs reprises, je suis parvenu à ébouriffer la splendide mise en plis de la partie de mon crâne de quadragénaire qui arbore toujours des cheveux. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce fut pour moi un moment de grande fierté.

S’installer à son aise derrière le volant est beaucoup plus facile que je l’aurais pensé. Les sièges sport à haut dossier en cuir Alcantara épousent parfaitement le corps. Le volant sport à trois branches marie le cuir aux fibres de carbone et à l’aluminium, et sa base plate facilite l’entrée et la sortie du véhicule. Tenir le volant est d’une parfaite aisance, même lorsque la conduite à grande vitesse rend les mains moites.

En tournant la clé dans le contact, le moteur V10 s’éveille avec un rugissement diabolique qui réveillera à tout coup les voisins. On comprend à quel point le son est impressionnant lorsque les habitants de la cité des anges au légendaire égocentrisme s’assemblent respectueusement pour voir et entendre la Gallardo Superleggera prendre vie.

Mettre les gaz n’est pas pour les timides ou les âmes sensibles. En effet, sous notre pied piétinent 530 chevaux à 8 000 tr/min et 376 lb-pi de couple à 4 250 tr/min. Même arrêté à un feu rouge, le taureau italien est déjà plus rapide que tout autre véhicule sur la route dans l’esprit de ceux qui le regardent. La vitesse à laquelle on roule dépend uniquement de la taille de notre portefeuille.

De retour à l’hôtel après une virée matinale à l’heure de pointe (étonnamment agréable dans la Superleggera), j’ai donné les clés à un valet qui s’est empressé de garer la voiture à un endroit bien en évidence. Comme le sait tout bon agent à Hollywood, ça ne fait jamais de tort de décorer la scène avec une beauté bien roulée.

Pénétrer sous le couvert de l’immense figuier de la baie de Moreton au Fairmont Miramar Hotel de Santa Monica est comme un doux retour dans le temps. Les corridors et les restaurants sont ornés d’images des vedettes les plus mémorables de la belle époque hollywoodienne, dont Marilyn Monroe, John Wayne et Humphrey Bogart.

L’hôtel en soi est tout sauf archaïque, offrant des installations d’avant-garde en plus de l’hébergement courtois et du service légendaire qui ont fait la renommée des hôtels Fairmont.

En tout, 302 chambres et suites sont nichés au cœur du Ocean Tower et dans l’aile historique Palisades. À quelques pas seulement de l’entrée principale, de petits bungalows de style cottage sont isolés à l’arrière de la propriété par de magnifiques jardins ainsi qu’une chute d’eau donnant sur la vaste piscine à forme libre.

Des soins de bien-être sont offerts à Exhale Spa (www.exhalespa.com), situé à trois pâtés de maisons de l’hôtel. Dans un espace de 15 000 pi2 dédié à la détente, les professionnels du spa prodiguent un éventail de soins dans 20 salles à inspiration zen. Les douches pour hommes et pour femmes offrent des bains à remous chauds ou froids ainsi que des bains de vapeur afin d’ajouter une touche finale à la manière parfaite de revigorer corps et esprit.

Revitalisé et prêt à partir, le temps était venu de reprendre le volant de la Gallardo Superleggera et faire l’expérience de l’équivalent du nirvana de l’automobile. Avec tant de superbes routes à moins d’une demi-heure de l’hôtel, mon choix s’arrêta évidemment sur Mulholland Drive, situé juste au nord de Malibu.

En gravissant la vénérable route à deux voies depuis la Pacific Coast Highway, je me suis calé confortablement dans le siège et j’ai lancé la Gallardo Superleggera dans une succession rapide de changements de vitesses à l’aide des palettes. Les virages vifs ont cédé la place aux montées à vitesse vertigineuse et aux descentes encore plus rapides. Plus on parcoure le canyon, plus nous ne pouvons compter que sur les motocyclettes pour nous tenir compagnie.

Le grand avantage de la Superleggera sur la Gallardo de base est qu’elle permet au conducteur de repousser toujours davantage les frontières du possible.

En supprimant 70 kg grâce à l’utilisation de panneaux de carrosserie en fibres de carbone, notamment sur les becquets avant et arrière, et en ajoutant 10 chevaux de plus, on passe de 0 à 100 km/h en seulement 3,8 secondes au lieu de l’habituel 4,0. Cela peut sembler négligeable, mais même les plus petits détails comptent lorsqu’on teste les limites sur un tronçon épineux de route comme Mulholland. La vitesse de pointe est de 315 km/h.

Le freinage est instantané grâce aux étriers en aluminium à huit pistons à l’avant et à quatre pistons à l’arrière. La suspension à double triangles avant/arrière en aluminium avec systèmes antiplongée et anticabrage procurent une superbe expérience de conduite, hormis, bien sûr, aux endroits où les routes sont moins que parfaites. Avec les pneus Pirelli P-Zero Corsa montés sur des roues de 19 pouces en alliage d’aluminium, on ressent toutes les bosses, aussi minuscules soient-elles.

Comme la voiture est très basse, il faut faire particulièrement attention à la sortie des stationnements ou sur les rues résidentielles. En arrivant aux côtés d’une camionnette Dodge Ram, j’ai vécu l’expérience singulière de regarder par ma fenêtre pour ne voir que le marchepied à la hauteur des yeux.

Lorsque je repense au temps passé au volant de la Lamborghini Gallardo Superleggera, je crois que ce qui m’a le plus impressionné est à quel point il était facile de rouler à vitesse élevée tout en gardant une maîtrise parfaite du véhicule. Équipée de quatre roues motrices en tout temps ainsi que de commandes étonnamment simples, la Superleggera est d’un raffinement inégalé. Remercions le ciel pour les couleurs éclatantes et les étiquettes de prix faramineuses, sinon tout le monde en voudrait une.

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